Les lumières artificielles portent atteinte aux écosystèmes bruxellois

Mardi, en Commission Environnement, j’ai posé une question orale à  Céline Fremault , Ministre du Gouvernement en charge du logement, de l’...

Mardi, en Commission Environnement, j’ai posé une question orale à Céline Fremault, Ministre du Gouvernement en charge du logement, de l’Environnement, de l’Energie et de la Qualité de vie concernant les impacts de la pollution lumineuse sur la biodiversité. 


Madame la Ministre, 
Le 22 novembre 1996, la Belgique ratifiait la Convention sur la diversité biologique. Nous fêtons ces 20 ans ! L’occasion certainement de dresser un bilan. Cette Convention représente l’outil phare en vue du développement mondial de stratégies nationales pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. 

Pourtant, et malgré les engagements des Etats dans la Convention de Rio de faire de la protection et de la restauration de la biodiversité une priorité, la Conférence de Nagoya en 2010, lors de l’année internationale de la biodiversité, a reconnu l’échec de l’objectif international de stopper la régression de la biodiversité avant 2010. Aujourd’hui, sur le plan international, force est de constater que la situation s’est même empirée. Je vous passe les articles qui sont légion sur le sujet de la dégradation de notre diversité biologique. 

Evidemment, nous avons des intérêts à protéger cette biodiversité, et ce pas uniquement pour des motifs environnementaux et éthiques, mais aussi, et surtout, en raison des services écosystémiques que cette biodiversité nous offre généreusement. Nous pensons aux services d’approvisionnement, aux services de régulation, aux services culturels ou encore aux services de soutien. 

Aujourd’hui, le gouvernement bruxellois affiche, au travers de sa déclaration de politique générale, une volonté intéressante de protéger cette biodiversité, notamment « en poursuivant le maillage vert qui doit permettre de relier les espaces verts entre eux au bénéfice d’un réseau écologique (...) ». En outre, le premier Plan Nature devrait voir le jour sous cette législature, lequel permettra « le développement d’un maillage écologique efficient ». Néanmoins, dans le cadre des discussions autour du maintien et de la préservation de la biodiversité, je souhaite porter le focus, aujourd’hui, sur les impacts de la pollution lumineuse sur la biodiversité au sein de notre Région. 

Notre Région vit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’éclairage urbain y est donc essentiel en vue de permettre la réalisation de toutes les activités citadines. Il y va également de la sécurité des usagers dans leurs déplacements sur les voiries. Néanmoins, bien qu’essentielles pour nos activités, les lumières artificielles portent atteinte aux écosystèmes. Le cycle jour/nuit est fondamental au bon fonctionnement de notre environnement, permettant un équilibre entre les périodes actives et les périodes de repos. 

L’éclairage artificiel entrave l’obscurité nécessaire aux rythmes biologiques de nombreuses espèces, tant animales que végétales. Si cette lumière peut (aussi) déranger certains riverains, pour les animaux les nuisances sont bien plus nombreuses et incommodantes, ces derniers étant sensibles à des lumières que les hommes ne perçoivent pas: les infrarouges et les ultraviolets par exemple. Ainsi, les mammifères, les oiseaux, les insectes et les papillons nocturnes, les amphibiens, les poissons et les gastéropodes mais aussi la flore sont préjudiciés par ces lumières artificielles. 

Au côté des questions qui pourraient être posées sur l’intégration de la préservation de la biodiversité dans le Plan régional lumière, il y a évidemment toute une réflexion à avoir quant au développement du maillage vert reliant les espaces verts entre eux au sein de notre Région en vue d’atténuer, voire écarter, au maximum les effets néfastes des éclairages urbains sur la faune et la flore. L’environnement nocturne se présente comme une ressource naturelle irremplaçable à restaurer, protéger et gérer, au regard des seuils et contraintes liées à la sécurité des personnes et des biens et au développement durable et soutenable. 

Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes : 
  • Dans le cadre de vos compétences, quels sont les outils que vous avez mis en place, entendez mettre en place, ou faire connaître en vue d’accompagner les élus locaux, les techniciens, les architectes, les urbanistes, les aménageurs à s’informer et à se former sur les questions liées à la pollution lumineuse ? Dans l’affirmative, ces informations et formations «spécifiques » pourraient- elles s’étendre aux publicitaires et aux particuliers qui contribuent aussi à la pollution lumineuse et au gaspillage d’énergie ? 

  • Quelles sont les dernières études et analyses sur lesquelles vous vous fondez dans le cadre de la réalisation du Plan nature, en vue de traiter cette question spécifique de la pollution lumineuse? Egalement, entendez-vous développer des études et des programmes de recherche complémentaire en vue de traiter cette question ? En effet, la recherche et la prospective pourraient-nous offrir des résultats séduisants : éclairages plus économes et performants à moindre impact sur la faune, amélioration des dispositifs automatisés, utilisation de peintures, de matériaux et de dispositifs rétroréfléchissants ou au contraire absorbant la lumière, utilisation de capteurs, etc. 

  • Quelle est/sera l’intégration de la dimension « pollutions lumineuses » dans le cadre du développement du maillage vert bruxellois? Est-ce que les espaces verts seront sélectionnés et développés en vue de permettre la mise en place d’un véritable « corridor noir» bruxellois respectueux de la vie nocturne de nos espèces animales et végétales ? 

  • In fine, quelles sont les nécessaires concertations que vous menez avec le ministre en charge du Plan régional lumière sur le sujet? Quelles sont les pistes communes et les points de divergence? Egalement, je m’interroge sur la concertation avec les communes?
















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Eric BOTT . Fourni par Blogger.