Bruxelles
DéFI
Didier Gosuin
Dynamic Emploi
Emploi
Parlement Bruxellois
Proposition d'ordonnance
Les métiers en pénurie n'ont pas besoin de primes pour être attrayants !
13:15
Ce vendredi encore, un autre sujet important revenait sur le tapis lors de la séance plénière du Parlement bruxellois, avec la proposition d’ordonnance portant sur la création du fonds "JOB+". Voici un bref rappel introductif ainsi que mon intervention. Le groupe DéFI a voté contre cette proposition.
Que demande le texte ? Quels sont les enjeux ?
Il est proposé de créer un fonds régional « Jobs+ » qui permet d'octroyer des primes aux demandeurs d'emploi inoccupés qui ont suivi et réussi un parcours de formation, soit chez un partenaire conventionné de l'opérateur Actiris, soit encore au sein d'un organisme public de formation professionnelle situé en Région bruxelloise (ou auprès de l'un de ses partenaires agréés). L'objectif vise donc à stimuler les chômeurs à suivre une formation menant avec de grandes chances à un emploi (pour exemple, le taux de mise à l'emploi est supérieur à 70 % auprès de l'opérateur Bruxelles-Formation), vu la demande exprimée dans les « fonctions critiques ».
Mesdames, Messieurs,
Chers collègues,
J’ai eu l’occasion de me prononcer sur ce texte au nom du groupe DéFI dans le cadre de la commission affaires économiques du 23 juin. Elle a pour moi l’intérêt de revenir sur deux points qui me semblent particulièrement importants et sur lesquelles le ministre de l’emploi, Didier GOSUIN, notamment au travers d’un certain nombre de mesures, travaille sans relâche.
1- Le taux de chômage auprès des jeunes qui, s'il continue à rester préoccupant, est néanmoins en diminution
2- Les fonctions critiques dont les offres d'emploi sont difficilement satisfaites et, comme l'indiquent les développements, font l'objet d'une durée d'ouverture plus longue.
Même si nous pouvons nous accorder sur les constats, la proposition d'ordonnance souffre un certain nombre de lacunes que j’ai déjà eu l’occasion d’exposer.
1. Je pense ici dans un premier temps, « au principe » porté par la proposition d’ordonnance. Ainsi, la mesure financière qui vise à "stimuler «une personne à suivre et terminer une formation "dans la cadre d'une fonction critique" pose question.
En ce sens, même si l'objectif de pourvoir au métier en pénurie est fondamentale, il n'en demeure pas moins que la mesure proposée n'est pas adéquate. En quoi cette mesure est-elle le gage dans le chef du chercheur d'emploi de sa motivation ou encore le signe de sa volonté réelle de trouver un emploi dans le secteur visé ?
Egalement, nous sommes convaincus qu’il est préférable de loin de valoriser l'expérience professionnelle d'un demandeur d'emploi qui n'a pas les titres nécessaires (diplômes, certificats, etc.) - ce qui est le cas dans le cadre des fonctions critiques - par exemple, il est préférable de valoriser les compétences
2. Egalement, sur le fond, j’ai eu l’occasion d’émettre un certain nombre de remarques.
La 6ème réforme de l'Etat a transféré la politique des groupes cibles aux Régions et que dans cet exercice, il est bien prévu dans la déclaration de politique régionale de, dans un premier temps de "garantir la sécurité juridique de tous les dispositifs actuellement en place et jusqu’à leur échéance". - Et dans un second temps, d'engager ces politiques prioritairement pour l'emploi des chômeurs bruxellois, en favorisant explicitement les jeunes, les chômeurs de longue durée et les personnes infra-qualifiées.
Aussi, cette proposition d’ordonnance fait donc l’impasse de toute considération budgétaire. Quid d'une évaluation de l'impact budgétaire de la mesure ainsi qu'au niveau de sa mise en œuvre?
Une petite liste très rapide pour bien vous faire comprendre que la question des métiers en pénurie ou des fonctions critiques est traitée et prise en charge : la promotion des métiers qui ont un potentiel d'emploi, la cité des métiers, l'outil de veille et anticipation des besoins. Évitons donc de nous perdre en mesures et finalement de perdre en lisibilité et cohérence dans nos actions en faveur de l'emploi en Région de Bruxelles-Capitale, certainement au profit des plus jeunes.
Par ailleurs, et comme j’ai eu l’occasion de le signaler en commission, le gouvernement travaille à l'heure où nous parlons sur la réforme des groupes-cibles et sur le Plan de formation 2020 qui tiendra à mon avis pleinement compte de la question des métiers en pénurie.
Pour toutes ces raisons, le groupe DéFI votera contre cette proposition d’ordonnance.

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