Les terrains synthétiques sont-ils nocifs pour les jeunes sportifs ?

En décembre dernier, lors de la commission de l'Environnement et de l'Énergie, j'avais décidé de réagir suite à un reportage d...

En décembre dernier, lors de la commission de l'Environnement et de l'Énergie, j'avais décidé de réagir suite à un reportage d'une télévision néerlandais à l'éventuelle nocivité pour la santé des terrains synthétiques. J'ai donc interpellé Mme Céline Frémault, Ministre Bruxelloises et Mme Fadila Laanan, secrétaire d'État à ce propos.
Question Orale de M. Eric Bott
Vous avez peut-être eu vent de, ou vu, ce reportage réalisé par une équipe de la télévision néerlandaise, concernant la dangerosité de certains matériaux utilisés dans la construction de pelouses synthétiques. Le problème viendrait des granulés de caoutchouc qui sont éparpillés sur les terrains des dernières générations de ces pelouses. Ces granulés proviennent directement de pneus usagés qui sont, en quelque sorte, broyés.

Il y a quelques années déjà, une étude réalisée par l’université canadienne de Vancouver avait soulevé un problème délicat : de plus en plus de jeunes joueurs - parmi les gardiens de but, notamment - souffraient de premiers signes de cancer. Il s’avère que les granulés de caoutchouc contiennent des cellules cancérigènes, mais un scientifique affirme que "le niveau de cancérigènes dans les terrains synthétiques est semblable à celui trouvé dans l’environnement urbain, tel que dans le gaz d’échappement des voitures" et qu’il n’y a donc pas lieu de tirer la sonnette d’alarme. Reste que le reportage néerlandais signale qu’il pourrait y avoir des premiers cas de leucémies.

Normalement, des attestations doivent prouver que les pourcentages de métaux et de produits chimiques sont au-dessous du seuil minimum défini par la norme DIN 18035-7. Il s’agit d’un pourcentage de moins 0,01% de produits autres que le caoutchouc (plomb, zinc, mercure cadmium, acier...).

À l’heure où les terrains synthétiques poussent comme des champignons, je me pose les questions suivantes.
- Êtes-vous informée de cette problématique ?
- La Région bruxelloise impose-t-elle des normes strictes en matière de santé au moment d’octroyer des subsides ? La non-toxicité des matériaux utilisés est-elle vérifiée partout ?
- À Woluwe-Saint-Lambert par exemple, nous sommes vigilants à l’étude des cahiers des charges, mais en va-t-il de même partout dans la capitale ?
- Cette nouvelle étude pourrait-elle avoir un impact sur les mesures en cours concernant les terrains synthétiques ?


Réponse de Mme Céline Frémault :

La question de l'impact environnemental ou sanitaire des terrains en revêtement synthétique est un sujet auquel Bruxelles Environnement est sensible et sur lequel il travaille. Pour les parcs régionaux gérés par Bruxelles Environnement, pour les terrains de sports et les plaines de jeux accessibles au public, les revêtements synthétiques utilisés sont les suivants : gazon synthétique, sol en caoutchouc EPDM (éthylène-propylène-diène monomère) ou asphalte. Toutes ces surfaces sont de nature minérale ou synthétique, en fonction de l'intensité d'utilisation en milieu urbain, de l'accès libre et de l'impossibilité de maintenir une surface de terrain de sport en gazon naturel dans un état correct ou à un coût raisonnable dans de telles conditions de fréquentation.

Ces terrains sont conçus pour la pratique de sports de rue tels que le mini-foot, le basket et le volley. Pour le choix des matériaux utilisés pour les surfaces synthétiques, le manuel de sécurité des aires de jeux édité par le Service public fédéral (SPF) Économie fait figure de référence. Pour des hauteurs de chute entre 60 et 300cm, les types de surfaces recommandés sont le gazon naturel, les copeaux, le sable, le gravier rond et les sols synthétiques (dalles en caoutchouc, sols coulés, gazon synthétique). Ces matériaux synthétiques sont privilégiés pour l'aménagement des plaines de jeux. Dans la mesure où les particules de caoutchouc vulcanisées (issues de pneus recyclés) sont amalgamées par une résine polyuréthane qui les fige dans la masse et les rend stables, le risque est considéré comme étant maîtrisé car il n'y a possibilité ni de dispersion ni d'ingestion des granules.

Depuis toujours, par mesure de précaution, Bruxelles Environnement exclut l'usage de produits susceptibles de se disperser dans l'environnement et n'utilise jamais de billes de remplissage.

La Région n’octroie pas de subsides pour l'aménagement des plaines de jeux.

Pour les aménagements sportifs, je vous renvoie à la secrétaire d'État en charge des infrastructures communales. Bruxelles Environnement répondant aux normes de prévention en matière de sécurité sur les aires de jeux édictées par le SPF Économie qui proscrit l'usage des granules pour lester les surfaces en gazon synthétique, il n'a pas été envisagé de mener une étude relative à la toxicité des surfaces synthétiques pour les terrains dont Bruxelles Environnement est gestionnaire.








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Eric BOTT . Fourni par Blogger.